Troisième congrès EDiLiC Lausanne (Suisse), 5-7 juillet 2010

Éveil aux langues, approches plurielles. De la formation des enseignants aux pratiques de classe

 

Lors de ce troisième congrès international EDILIC qui a eu lieu en Suisse, les recherches présentées ont permis de mieux cerner l’intérêt institutionnel de l’éveil aux langues et des approches plurielles, leur présence et leur impact dans les systèmes scolaires, dans la formation des enseignants et les pratiques de classe.

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Description du thème du congrès

Après avoir interrogé le rôle de l’éveil aux langues comme levier pour le développement du plurilinguisme (Le Mans 2006), puis considéré ce courant comme une approche curriculaire intégrative visant le développement de la compétence plurilingue et pluriculturelle (Barcelone 2008), le moment était venu d’entrer plus spécifiquement dans la formation des enseignants et d’ouvrir les portes de leurs classes. Occasion aussi, pour ce troisième congrès, de faire une place, sur ces deux thèmes retenus, aux autres approches plurielles que sont la didactique intégrée des langues apprises, l’intercompréhension entre les langues voisines et les approches interculturelles mettant la langue au cœur de leurs préoccupations.

Ces courants se caractérisent, tout comme l’éveil aux langues, par des activités d’enseignement/apprentissage impliquant simultanément plusieurs variétés linguistiques et culturelles. Ils interrogent tous la formation initiale et continue des enseignants-e-s ainsi que les pratiques de classes, sous l’angle de ce qui est prescrit par le politique, de ce qui est réalisé par les enseignants et de ce qui est réellement acquis par les élèves. L’articulation de ces différents éléments a ainsi permis de définir trois axes qui ont dessiné l’architecture du congrès de Lausanne.

 

Axe 1. L’Eveil aux langues et la formation des enseignants

Dans quelle mesure l’éveil aux langues est-il présent dans les politiques éducatives? Et surtout, dans quelle mesure se retrouve-t-il alors dans les plans d’étude ou programmes qui orientent la formation des enseignants ? L’espace de formation offre-t-il une place à cette approche didactique, et si oui, comment? En lien ou non avec une ou des disciplines particulières? Quels effets ces formations ont-elles sur les représentations que les enseignants se construisent de l’éveil aux langues et de sa place dans l’école? Modifient-elles leur propre rapport aux langues? Font-elles évoluer leur conception de la pluralité des langues et du plurilinguisme en général? Que nous disent à cet égard les mémoires professionnels rédigés par les futurs enseignants? Et – en lien avec le second axe – qu’en est-il de l’impact des formations sur les pratiques de classe?

 

Axe 2. L’éveil aux langues et les pratiques en classe

Dans l’ordre du prescrit, cet axe 2 a offert aux participants l’occasion de se questionner sur la place accordée à l’éveil aux langues dans les plans d’études ou programmes qui servent de cadre de référence aux enseignants. Ces plans d’étude ou programmes prévoient-ils des activités de cet ordre et, si oui, incluent-ils une réflexion autour de l’évaluation des apprentissages afférents? Dans l’ordre de ce qui est réalisé,  ’intérêt des enseignants pour l’éveil aux langues, s’il est constaté, se traduit-il en actes? Pratiquent-ils cette approche? Quelles activités préfèrent-ils, quels objectifs visent-ils? Qu’en est-il alors du curriculum réel de la classe et des apprentissages des élèves? Qu’apprennent-ils vraiment lorsque l’enseignement qu’ils reçoivent inclut de telles démarches?

 

Axe 3. Les autres  approches plurielles : les programmes, la formation des enseignants et les pratiques de classe

Au sein de ce troisième axe, les participants au congrès se sont interrogés sur plusieurs autres approches plurielles en se posant la question de leur pertinence à la fois cognitive, didactique et sociale (formation à la pluralité). Plus particulièrement, les questions suivantes ont été abordées : la didactique intégrée des langues ou l’intercompréhension entre langues voisines ont-t-elles une place dans les politiques éducatives, dans les plans de formation des enseignants et dans les plans d’étude ou programmes destinés aux élèves? Sont-elles réellement mises en œuvre, quel écho trouvent-elles auprès des professionnels? Quels sont les apprentissages des élèves lorsque l’enseignement les inclut et comment s’intègrent-elles dans un curriculum qui cherche la cohérence en articulant les programmes, la formation des enseignants, les pratiques des enseignants et les apprentissages des élèves ?